( par : moi-qui-existe-réellement-mais-en-privé )
[ en grisé : des précisions personnelles inutiles dans cette copie / la lettre a été postée le 9 janvier 2008 ]
Lettre aux autorités, relative à : emploi, solidarité,
prospective en compétences
industrielles
( voir en
annexe les copies
adressées pour information )
À
l'attention de : Monsieur ____
G______
, Chargé de mission auprès du Directeur régional
de
la Direction Générale du Travail, de l'Emploi et de la
Formation Professionnelle en Rhône-Alpes
Objet
: réitération des questions de ma pétition
du 12 juillet 2004 dénonçant la non pertinence
de
l'attitude de l'ANPE envers les informaticiens au chômage.
(
voir : http://gonic.lyon.free.fr/petitionMaireEtMinistre.pdf
et : http://gonic.lyon.free.fr/images/dePrefectur10_8_04.jpg
)
Monsieur le chargé de mission,
Il se trouve que le moment où je suis à nouveau amené à prendre contact avec vous coïncide avec la période des voeux pour la nouvelle année 2008 ... accompagnés comme il se doit d'une prise de bonnes résolutions. Meilleurs voeux donc et bonne année !
Toutefois,
pour qu'advienne le souhaitable, un constat est, au préalable,
indispensable :
Rien ne s'est amélioré, pour moi,
pour les perspectives des chômeurs, des 'séniors' de ma
profession, pour les conditions d'un réel 'accompagnement' des
chômeurs dans leur recherche de travail. Aucune surprise à
se rendre compte que, logiquement, rien n'ayant vraiment bougé,
la situation va en empirant ! ( J'étais chômeur, je suis
devenu RMIste ...)
Avant même de savoir à qui la
faute, nous serons d'accord pour reconnaître qu'il faut que
cela change.
Mon
adresse et mes coordonnées n'ayant pas changé, il ne
saurait être question d'un jeu de cache-cache avec les
employeurs ou qui que ce soit : la radiation injuste de mes droits
ASS, que m'a fait subir l 'ANPE, ne doit pas se reproduire avec
le RMI !
Sinon autant avouer tout de suite qu'on voudrait ma mise
à mort (à petit feu, certes, mais je ne joue pas avec
les mots : tout le monde sait que l'espérance de vie des SDF
est réduite).
L'autre
solution détestable, que j'ai refusée jusqu'à
présent, reviendrait à ce que j'oeuvre moi-même à
avaliser un déclassement professionnel sournoisement
sous-entendu par le non-jeu, vide de rapports argumentés,
entretenu par l'ANPE et de supposés employeurs.
Faire le
pari que la peur de la mise sur le pavé m'oblige à ce
recul, serait un calcul peu honorable. D'une part à cause du
gaspillage de compétences que cela sous-entendrait; et d'autre
part parce que la France a établi d'autres valeurs. Le travail
forcé y est maudit, et par ailleurs, « l'organisation
de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les
degrés est un devoir de l'Etat » : j'ai
suffisamment alerté de mon besoin d'être accompagné
dans l'effort d'entretenir mes compétences ! ...
Alors,
puisqu'on attend que je trouve moi-même la solution à
une situation dans laquelle l'Etat a une part de responsabilité,
je rappellerai humblement que je suis loin d'être seul à
considérer que mon métier dépend de toute une
dynamique humaine, hautement stratégique et politique et que
je ne saurai avoir la prétention de jouer au self-made man
génial qui sait se débrouiller seul et sans moyens là
où même des entreprises importantes ont des difficultés.
Depuis des années, mes suggestions, partant d'une bonne
volonté pragmatique et positive, peuvent se résumer à
la tentative de résoudre cette énigme :
quand il n'y a plus d'argent pour financer la transmission des compétences, et quand il est manifeste que les employeurs sont incapables de tisser eux-mêmes les compétences immédiatement opérationnelles qu'ils exigent de trouver, pourquoi les chercheurs d'emploi ne sont-ils pas officiellement autorisés, voire incités, à consacrer une part significative de leur temps à l'entretien de leurs connaissances et compétences ?
Un
stage de sciences Po avait été consacré à
la promotion de suggestions plus précises présentées
par mon association Gonic. Personne n'a daigné ni bouger, ni
répondre quoi que ce soit. Soit! Je conçois bien que
des subalternes soient désemparés devant des
suggestions supposant une évolution des schéma
habituels ( tant que la permission officielle souhaitée n'est
pas obtenue, il est vrai qu'on ne peut pas beaucoup avancer ). Par
ailleurs les décideurs peuvent avoir d'autres chats à
fouetter. Mais les situations d'impasse s'éternisent pour
nombre de chômeurs, alors que le gouvernement a su trouver
quand même le moyen de mettre en oeuvre une perspective
nouvelle d'auto-financement de leurs études par des
étudiants.
Le journal 'Le Progrés' (du 5 janvier,
page 3) annonce: ' Les étudiants peuvent désormais
être recrutés par les universités et les grandes
écoles pour des contrats à mi-temps dans les
bibliothèques, comme tuteurs, ou comme assistants handicapés '
/ ... / '« L'objectif est de permettre aux étudiants
de concilier une activité professionnelle et la poursuite
simultanée de leurs études » avait
expliqué la ministre de l'Enseignement supérieur'.
A
ce propos, pourquoi ne saurait-on concevoir un dispositif similaire
qui permette aux chômeurs qui sont dans ma situation de
concilier une activité rémunérée et la
poursuite de l'entretien de leurs compétences, en restant en
contact avec le milieu compétent susceptible de favoriser des
contrats de travail ?
Par votre intermédiaire, j'espère en tous cas faire ici un premier pas pour rétablir un dialogue constructif avec ceux qui sont en pouvoir de concourir au dépassement des situations d'impasse comme la mienne.
Mon
éducation républicaine m'a définitivement
dissuadé de toute velléité à faire la
cour, et je vous prie de bien considérer que ce sont les
limites structurelles du RMI et de son encadrement qui m'amènent
légitimement à témoigner de l'impasse qu'il nous
reste à dépasser.
Si ce courrier pouvait seulement
éviter des méprises dans l'identification des raisons
profondes du marasme déploré, une partie de mes voeux
pour 2008 commencerait peut-être à être exaucée.
Soyez donc assuré,
Monsieur, de mon entière disponibilité pour un éventuel
examen plus approfondi de ma situation ou de tout point évoqué
dans cette lettre.
Ma 'référente' RMI a su faire
remonter mon souhait de rencontrer un représentant régional,
en la personne de Madame E______ G_____, Responsable
territoriale, avec qui j'entends bien prendre rendez-vous.
Puisqu'il
a fallu qu'un collègue (Eric Fournier) parcoure 2650
kilomètres à vélo, en alertant la France
entière, pour obtenir une issue à son chômage,
vous comprendrez pourquoi je saisis ici cette occasion légitime
de faire connaître plus largement aux autorités les
contours du malaise rencontré.
En vous remerciant de
votre attention, et à votre entière disposition pour
apporter une quelconque précision, je vous prie d'agréer,
Monsieur, l'expression de mes respectueuses salutations.