Gilles PIGERON ( 8, montée de la Chana / 69 009 LYON )

initiateur d'une pétition du 12 juillet 2004 au sujet du chômage,

voir site web : http://gonic.lyon.free.fr/part_obj.html#COURRIERS

président de l'association lyonnaise :

Gamme d'Ouvertures aux Normes de l'Informatique Culturelle


à Lyon , le 6 décembre 2004


Lettre ouverte : à Monsieur Jean-Louis Borloo,

Ministre de l'Emploi, du travail et de la cohésion sociale




Objet : rappel et suivi d'une pétition au sujet du chômage, signalée le 12 juillet 2004




Monsieur le Ministre,


Les Français ressentent une lassitude certaine face à l'emploi (il suffit de penser à l'écho reçu par un best-seller mondial comme « Bonjour Paresse » de Corinne Maier).
Les réformes que vous préparez sont attendues et nous sommes touchés par votre volonté de prendre en compte la dimension sociale de nos besoins.

Mais cette lassitude ne s'évalue pas en comptes d'heures de travail ou de RTT ... et elle touche autant les « créateurs d'emplois » que les salariés et même les chômeurs !
(Nota Bene : d'après un rapport de l'INSEE - oct 2003 N° 928 - sur les créateurs d'entreprises en 2002, « Un créateur sur trois était au chômage au moment de la création » ... ! )


Car enfin, les salariés étant, au mieux, représentés par moins de 10% de syndiqués, comment accepter d'être tenus à l'écart d'un travail civique de réforme qui ne se joue qu'entre employeurs théoriques et « acteurs sociaux » ?? Nous savons que le pays ne pourra pas se permettre de réformer la réforme qui va nous être imposée ... et à laquelle nous ne participons pas. Structurellement, les chômeurs, premiers concernés par les mesures que vous mettez en place ne peuvent pas être valablement représentés par ces « acteurs sociaux » . Nous en voulons pour preuve les réactions de perplexité que suscite déjà chez nous la lecture du « projet de loi de programmation pour la cohésion sociale » trouvé sur Internet ...


Pourtant, malgré les appels récurrents, et de tous bords, à la participation citoyenne, il nous faudra attendre le lendemain de l'adoption officielle des réformes en cours de préparation pour obtenir, peut-être, une réponse concrète à nos demandes comme à nos suggestions ou propositions.


Cette lettre est le rappel d'une pétition dont nous vous avions fait part. Nous étions flattés d'avoir obtenu des réponses polies du Ministère Délégué aux Relations du Travail et de la Direction Régionale du Travail, de l'Emploi et de la formation professionnelle : nous sommes assurés que notre pétition a été transmise. Si nous nous permettons aujourd'hui d'y revenir, c'est qu'à la lecture du « projet de loi » évoqué ici, nous sommes loin d'être assurés d'avoir été compris !


Avant le besoin de formation, et avant même le besoin d'apprentissage, nous rappelions la nécessité, pour les chômeurs de longue durée, « de retrouver la pratique de nos métiers et les contacts et échanges indispensables au maintien des compétences » ...

(On ne peut pas entretenir ses compétences et s'exercer si l'on est tenu de consacrer tout son temps à la recherche d'un emploi hypothétique; ou pire, lorsque l'on est contraint à trouver un job « alimentaire » ! ... c'est un gâchis de « Ressources Humaines » !! )

Nous savons que les formations peuvent coûter cher (Une directrice d'Agence de l'ANPE ne s'était-elle pas opposée à ce que je puisse poursuivre le programme personnalisé de formation en deux mois que j'avais initié à l'AFPA ? : sous le prétexte que j'étais déjà « trop » diplômé - avec un simple DESS ! ...)

Nous connaissons la problématique de l'apprentissage en entreprise, dans une conjecture où les employeurs ne supportent pas de salarier quiconque ne serait pas immédiatement opérationnel.

Nous avons constaté l'attitude des recruteurs qui, tout en déplorant en France une pénurie de profils qualifiés, exigent en complément des compétences techniques requises, et de la disponibilité totale des candidats, et d'une flexibilité toujours plus impérative : des qualités spécifiques de « savoir-être » ! De plus, ces conseilleurs demandent à être rassurés ... par ceux qui ont été reconnus, par la Justice elle-même, victimes d'un licenciement abusif !

(La notion de ' phénomène du chômage « frictionnel» ' pourrait faire sourire !
Un syndicat extrémiste affirme que : « la France affecte 30% de sa richesse nationale à la protection sociale .. Pourtant, le nombre de RMIstes en 15 ans est multiplié par 4 ».
La solution peut-elle être de couper les vivres aux RMIstes ou bénéficaires de l'ASS ?? )

Pourtant, nous n'avons pas baissé les bras. Nos motivations, positives, sont affichées. Nous œuvrons dans le seul créneau qui nous reste accessible : le milieu associatif.
Ce que nous proposons est réaliste, représente un coût dérisoire, voire des économies par rapport aux crédits déjà affectés dans les domaines de la « fracture numérique », de la réinsertion professionnelle, et autres ... !

Les plaquettes ci-jointes, conçues pour l'association G.O.N.I.C. , par une stagiaire « non rémunérée » de Sciences Po témoignent de ces motivations actives ... mais négligées.


Or voilà, malgré votre volonté de favoriser l'élan associatif dans le cadre des « services à la personne », malgré vos efforts contre les discriminations (N.B.: Attention à l'exclusion de l'Exclusion !), l'attention à nos suggestions, dont nous avions besoin dès la rentrée scolaire 2004, n'a pas été au rendez-vous ! ...
Nous sommes isolés, et, malgré nos efforts, rien ne favorise la constitution du réseau de solidarité qui nous est indispensable, et qui serait pourtant fort profitable au pays !


Nous n'avons plus maintenant qu'à espérer fortement que vos réformes s'avéreront plus judicieuses et pertinentes que nos propositions et que vous saurez construire notre bonheur malgré nous.


Dans l'attente, je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma très haute considération.