les classiques : A-I / J-Q / R-Z autres gonic fantôme

Bibliographie XIV . . .

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A la reconquête du travail

Editions :  Indigène

par  Jean-François Naton :  JF N. est conseiller confédéral de la CGT,  responsable du secteur Travail/Santé, membre de la Caisse nationale de l'Assurance-maladie des travailleurs salariés, de la Comission des accidents et maladies professionnelles, du Conseil supérieur des risques professionnels .
Cuisinier de formation ... diplômé de DESS APST (Analyse pluridisciplinaire des situations de travail)

Présentation de l'éditeur :
...
" ...... accuse le trop fameux "travailler plus pour gagner plus". 
Ce slogan nie la réalité du trvail, masque la sous-estimation massive des accidents et maladies professionnelles, tait la contrôle du MEDEF si omniprésent qu'en 2005 la Sécurité Sociale reconnaissait 2059 cancers d'origine professionnelle seulement quand l'Institut national de veille sanitaire en dénombre, annuellement, dix fois plus!
 Le travail est devenu si dur que le ministère du Travail lui-même, en 2007, parle de "travailleurs de force", de "travailleurs contraints", d' "obligés du public", des "plus exposés"; ils sont 10 millions de salariés à relever de ces nouvelles catégories et beaucoup mourront prématurément. Le peuple des précaires, des intérimaires vient grossir leurs rangs - tout est fait pour favoriser la production à flux tendu, distribuer leurs 8% aux nouveaux actionnaires, américains, russes, chinois.
  L'auteur s'indigne de cette "effroyable stratégie patronale" : il déplore une gauche adoptant les "35 heures" sans chercher à rebâtir la "valeur travail" qui menace jusqu'aux cadres, comme en a témoigné la vague récente des suicides.
  Jean-François Naton appelle à l'entée des droits de l'homme dans l'entreprise; à l'écoute de la parole des "oubliés";
enfin, à l'expertise de scientifiques indépendants. "
     (Jean-Pierre Barou )

Le mépris
Editions "Actes SUD" / La Pensée de midi - Revue littéraire et débat d'idées
 dossier coordonné par Renaud Ego et Michel Guérin

Présentation de l'Editeur :

 " Sur un air du temps ...
 Le mépris apparaît comme l'agent pollueur le plus dévastateur de ces vingt dernières années, et cela d'autant plus qu'il devient l'air que l'on respire, il s'insinue partout jusqu'à trouver en chacun de nous un possible relais.
 L'homme d'aujourd'hui n'a qu'une maxime de fonctionnement : il n'a pas le temps.
    Le mépris est le fruit d'un manque cruel d'attention, d'autant qu'il ne relève pas d'une stratégie délibérée, mais d'une indifférence abyssale doublée d'une suffisance du "système" à se prétendre sans alternative.
   Personne ne peut rien faire pour personne. - telle est la sinistre moralité de l'histoire.
 La société du mépris n'est pas celle où des hommes en font souffrir d'autres volontairement, c'est celle où l'idée de fin est en voie d'oubli total et où la stricte logique des moyens s'applique sans limitation à tout et à tous.
 Impossible de s'en satisfaire !
[...] C'est cette parole à plusieurs voix dont ce numéro se fait l'écho.
    Ou comment sortir du mépris.
    'signé'   Thierry FABRE
auteurs :
 Paul Ardenne / Catherine Chabert / Marcel Cohen / Jean Duvignaud / Renaud Ego / Bruno Etienne / Michel Guérin / Axel Honneth / Pierre Damien Huyghe /  Guillaume Le Blanc / David Le Breton / Bernard Noël / Hubert Nyssen / Bernard Stiegler

citations  
page 8  :    Editorial
             La République du mépris et des arrogants experts

page 9 :
   " Le mépris est à l'oeuvre, il travaille nos sociétés en profondeur et institue une étonnante hiérarchie des valeurs.
           Il se conjuque volontiers à une profonde arrogance de certains experts qui captent le pouvoir et se substituent à la légitimité des élus de la République pour dire ce que doit devenir notre société.
      Jacques Attali [...] en et le parangon.  ...
 [...]  ce nouveau Monsieur Je-sais-tout-et-j'ai-raison-sur-tout de notre "belle époque" parisienne s'est illustré par une incroyable suffisance lors de la présentation de son rapport. [...] Au nom de quelle légitimité et de quel indiscutable savoir peut-il écrire notre "brève histoire de l'avenir" sans que cela puisse être débattu ni contesté ?
 Lui seul sait ce qui est bon pour la France et pour libérer la croissance !  ...
  [...] Sans parler de ses activités de conseil  auprès de certains chefs d'Etat africains, auxquellles s'ajoute sa récent mise en examen pour trafic d'influence dans l'affaire Falcone, aux côtés notamment de Charles Pasqua et d'un autre "grand écrivain", Paul-Loup Sulitzer

    'signé'   Thierry FABRE



Eloge de la démotivation
par Guillaume Paoli (philosophe au théâtre de Leipzig. Inspirateir et membre actif du mouvement berlinois des "Chômeurs heureux", il est l'auteur du "Manifeste des chômeurs heureux" - éditions du Chien rouge, 2007 )
aux éditions "lignes" .


" Au moment même où le capital global semble être venu à bout de tous les obstacles extérieurs qui l'entravaient encore, c'est un facteur interne qui vient le menacer : la désaffection grandissante des ressources humaines, sans lesquelles celui-ci n'est rien. C'est le ventre mou du colosse. Contrairement à ce que croyait Marx, il se pourrait finalement que la limite de World Trade Inc. ne soit pas objective mais subjective, à savoir : la baisse tendancielle du taux de motivation ...
 Si le développement capitaliste a pour condition primordiale la motivation de ses agents, il est logique de déduire que, pour les adversaires et les victimes de ce développement, la démotivation est une étape nécessaire.
"

citations  
page 10  :   " La contrainte sans la séduction, ça ne fonctionne pas longtemps"
     [ schéma-résumé -    pour faire avancer un âne :   carotte + bâton + oeillères => + faire le désert ]
page 12 : "... C'est ainsi qu'une croyance s'objective en une 'réalité incontournable'  "
page 13 : " La satisfaction doit apparaître comme toujours différée, mais jamais compromise " ... => ... " la routine "
                        ... => " ...quelle raison aurais-je donc de m'arrêter" ?
page 14 :  " ... les propriétaires des ânes ne sont plus disposés à gaspiller de coûteuses carottes ... ils substituent à celles-ci des images colorées, ou alors ils engagent des communicateurs chargés de persuader leurs employés que la perche à laquelle rien n'est accroché est elle-même un met succulent ...
 ... faire bouger les gens dans la direction jugée utile ... les rendre toujours plus flexibles et mobiles "
page 15 : " ... les chômeurs n'obtiennent un droit à l'existence qu'en fournissant les preuves d'un engagement sans relâche dans la recherche d'emplois inexistants.
 Lors de l'entretien d'embauche, ce ne sont pas tant les compétences qui comptent que l'exhibition enthousiaste d'une soumission sans faille "

page 104 : " ... Par ailleurs, des individus qui, dès l'école, ont été formatés aux exigences du marché, entraînés à participer, à prendre des initiatives, à se vendre, et qui se retrouvent finalement sous-employés dans un job qui ne leur fournit aucune gratification, sont souvent prêts à tous les sacrifices pour faire reconnaïtre leurs aptitudes!
 Eux aussi pourront être touchés par l'addiction, cette fois sous la forme du manque.
"
....

extrait d'un bouquin (le même ?)
page 134 :
 D"abord, nous devons choisir entre faire quelque chose ou rien [...]
[...] Il faut d'ailleurs une forte capacité décisionnelle pour choisir une forme poussée d'inaction comme la grève de la faim ou la contemplation passive [...]

page 135 :
  Une autre raison de ne rien faire, c'est de ne pas trouver d'action qui nous intéresse. C'est un des paradoxes du monde actuel ...
Mais aujourd'hui, puisque la machine  devient dominante, c'est contre elle que l'homme doit afficher sa différence.
Ne laissons pas réduire l'individu et son cerveau. Continuons de poser, tant qu'on n'aura pas prouvé le contraire, que l'homme ne peut se ramener à un nombre fini de bits, ou alors vendons cher notre peau. [...]
Revendiquons la participation de tous au plus haut niveau de décision possible, essence de la démocratie.


"Aux frais de la princesse"
/ "Enquête sur les privilégiés de la République"


Editions :  
JC Lattès  ( Paru en février 2007 )
par :  Yvan Stefanovitch

Présentation de l'éditeur :
...

" ... Impossible de comprendre la France d'haujourd'hui [...] sans lever le voile sur les avantages attachés au statut des grands corps de l'Etat et des 15000 haut fonctionnaires, sans se référer au contexte historique dans lequel s'inscrivent ces faveurs, cet incroyable gâchis qui n'est ni de droite ni de gauche et dont la France devra tôt ou tard s'émanciper"

Préface :

  " ... La garnde masse des Français travaillant dans le privé (vingt millions de non-fonctionnaires environ ) forme ce nouveau tiers état, otage des grandes grèves des services publics "
[...]
" Le bas clergé d'aujourd'hui rassemble ces 6,5 millions de fonctionnaires en activité, soit un peu plus d'un salarié sur quatre.
 Ces 10% environ de la population de l'Hexagone représentent aussi et surtout un électeur français sur six [...] Ces bataillons forment en fait un nouveau clergé arc-bouté sur la sécurité de l'emploi et l'avancement à l'ancienneté.

 " la noblesse d'Etat" => 15 000 haut-fonctionnaires ... " qui pilotent la réforme de l'Etat "

" Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius à Matignon, cummule aujourd'hui ses retraites d'inspecteur des finances ( 45 000 euros mensuels) et d'ex-PDG de Renault ( chiffre non communiqué) , mais aussi une indemnité de 6444 euros mensuels au titre de président de la Halde ( Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité ).
Le décret n° 2005-215 du 4 mars 2005 relatif à la création de la Halde, un organisme très utile qui emploie 60 personnes, précise dans son article 4 :
  " Le président de la Halde perçoit une indemnité forfaitaire dont le montant annuel est fixé par arrêté conjoint des ministres chargés des affaires sociales, de la fonction publique et du budget"
 2° exemple : membre du Conseil constitutionnel de  février 1998 à février 2007, l'ex-ministre Simone Veil, quatre-vingt ans, touchait une indemnité brute de 13000 euros mensuels et cumulait également trois retraites ( de déporté, de magistrat et de députée européenne ). Privilège supplémentaire ... [elle] n'était imposable que sur 11/20e de sa très confortable indemnité.
 Tout cela en choquera plus d'un, mais c'est parfaitement légal 

..."



Le travail au noir : une fraude parfois vitale

par Florence Weber 
 éditions  rue d'ULM
 ( note éditeur :   les conférences-débats "la rue ? Parlons-en ! ", initiées par l'Association Emmaüs font intervenir des personnalités du monde de la Recherche afin de rapprocher la réflexion des universitaires et l'action sociale menée sur le terrain.


Présentation de l'Editeur :

  " Le maintien, voire l'augmentation du travail au noir dans les économies développées sont révélateurs des dysfonctionnements durables du marché du travail et des politiques fiscales et sociales . ...."
 ...
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Extraits :

 page 44 :
  ...    " On pourrait imaginer [...] que l'assiette des droits sociaux soit le chiffre d'affaire ou le profit, en tout cas pas forcément la masse salariale
 [...] On pourrait aussi imaginer une solidarité des secteurs excédentaires vers les secteurs déficitaires [...]  ... il n'y a pas de raison au fond de ne pas se poser des questions de solidarité inter-secteurs.    [...]
  Ou encore on pourrait songer à une solidarité qui aille des multi-protégés [...] vers les non-protégés.
   Plutôt que de criminaliser les pratiques du travail au noir lorsqu'elles sont manifestement des pratiques de survie, il faudrait sans doute simplement repenser ces solidarités  [...] "...
  page 53 :
   " Quand une partie non négligeable de la population est au chômage, au RMI, "hors système", faire reposer le financement de la protection sociale sur l'activité salariée opère un décalage [...] ... "

 page 63 :
  " Intervention :   Je suis travailleur social de terrain depuis plus de dix ans ...  
    ... les solidarités mises en place pour prendre en charge l'invalidité, le chômage de très longue durée, etc. , sont des voies de garage [...] ...  on n'en sort jamais ..."